Histoire de Wannehain
L’histoire de Wannehain à travers les âges. Un grand merci à M. Paul Hers, qui nous autorise à se servir de son ouvrage sur notre commune.
C’est au XIIème siècle que Wannehain est mentionné pour la première fois. Le 22 juin 1190, le pape Clément III confirme, dans une bulle adressée au doyen Arnulphe, la possession des terres et des bois de Wannehain (Wennehem) dans la liste des biens et des propriétés du Chapitre de Tournai. La Seigneurie de Wannehain relève bien du Trésorier du Chapitre de la Cathédrale de Tournai, comme il est écrit dans un document signé à Bruxelles le 21 avril 1770, dans les Archives du Marquisat de Roubaix :
- Le Comte Maximilien Charles Joseph de Lalaing donne procuration à Bernard Serrurier, greffier et receveur de Wannehain pour …« aller relever et droiturier pardevant la cour féodale de la Trésorerie de la Cathédrale de Tournay les fiefs et seigneurie dudit Wannehain avec ses appendances et dépendances… » et l’autorise à « faire en notre nom les serments requis et généralement toutes autres oeuvres de loy… »
L’origine du nom « Wannehain »
L’évolution de l’orthographe du mot, qui semble avoir trouvé sa forme définitive au XIIIème siècle, indique que Wannehain est un nom d’origine germanique. Il signifierait la Maison de Wano.
- Le suffixe « hem », que l’on rencontre sous d’autres formes (hain,haim,hem,hent) est d’origine francique (la langue des Francs). Il signifie maison, et par extension village.
Le saviez-vous ?
Le village de Wannehain fut flamand, français, anglais, espagnol, autrichien et finalement… rattaché à la France peu avant 1769.
Les seigneurs de Wannehain
LES “DE WANNEHAIN”
Dés le XIIème siècle apparaît une famille noble, portant le nom de la terre de Wannehain, que l’on retrouve tout au long du Moyen-Age. On sait peu de choses sur cette famille et on manque d’éléments pour établir la généalogie de ses membres, mais ce nom est cité à diverses reprises dans plusieurs cartulaires, notamment dans celui de l’abbaye de Cysoing, ainsi que dans les chirographes détenus aux archives générales de Belgique à Bruxelles.
GILLES DE LA CESSOIE
En 1465, la seigneurie de Wannehain appartient à Gilles de la Cessoie. On ne sait comment ce dernier est entré en possession de la seigneurie de Wannehain. Aucun élément ne permet de conclure à l’existence d’un lien de parenté ou à une alliance entre les familles De Wannehain et De la Cessoie. On peut supposer que la seigneurie de Wannehain a été achetée par Gilles de la Cessoie, faute d’héritiers dans la famille De Wannehain, à moins que ces derniers n’aient perdu tout droit à posséder la seigneurie.
LES SEIGNEURS DE LANDAS
Par leur mariage, les filles de Gilles de la Cessoie, Jeanne et Marguerite, vont porter la seigneurie de Wannehain dans la Maison de Landas ; une famille très ancienne dont les membres au XIème siècle figuraient parmi les plus nobles du pays.
LA FAMILLE D’ENNETIERES
Le 18 octobre 1638 en l’église Saint Etienne à Lille est célébré le mariage de Charles Philippe d’Ennetières et de Catherine Louise Landas. Par ce mariage, la seigneurie de Wannehain est portée dans la famille d’Ennetières.
LES COMTES DE LALAING
En 1712, la seigneurie de Wannehain devint la propriété des comtes de Lalaing. C’est une famille très ancienne dont l’origine remonte au XIIème siècle et qui a joué un rôle important dans l’Histoire, surtout au XVIème siècle. On compte dans cette famille douze chevaliers de la Toison d’or, trois stathouders de Hollande et sept grands baillis de Hainaut. Les comtes de Lalaing perdirent tous leurs droits et privilèges seigneuriaux à la Révolution de 1789, mais ils purent conserver l’intégralité de leurs biens. A la fin du XIXème siècle, ils étaient encore propriétaires à Wannehain de plus de 115 hectares de terres, bois, prés, viviers et maisons.
Les géants
Après la finalisation de Gilette de Briquemez en mars 2014, la famille au complet a été présentée à la population: Gérard de Wannehain, Gilette de Briquemez, son épouse et leurs 2 enfants Grandine et Ghislain.
Gérard de Wannehain : Géant Porté de 3.88 mètres soit 52.9 kg
Gilette de Briquemez : Géante portée de 3.93 mètres soit 46.2 kg
Grandine : Géante enfant portée de 1.78 mètres soit 12.4 kg
Ghislain : Géant enfant porté de 2.10 mètres soit 12.6 kg
L’église Sainte Cécile
L’église a été considérablement modifiée en 1854. Auparavant elle était des XIIe et XIIIe siècles, avec une nef unique flanquée d’une chapelle latérale au nord. Un très grand choeur a été ajouté à cet édifice au XVIe siècle. Au milieu du XIXe siècle, elle a été jugée à la fois trop petite et irrégulière dans son plan et ses volumes. L’architecte Louis Colbrant tentera, selon les désirs du curé Averland, de faire ici un édifice conforme aux principes de l’architecture religieuse du temps, c’est à dire en néo-gothique. Le résultat n’est guère à la hauteur des ambitions du curé mais des éléments antérieurs ont été conservés et permettent une approche de l’édifice ancien.
Extérieurement, le chœur n’a guère été modifié, par contre, la nef a été fortement remaniée avec une chapelle formant bas-côté ajoutée au sud, tandis que celle du nord a été allongée vers le chœur. Le clocher et ses annexes font partie de cette campagne de transformation pour lesquelles une souscription avait été lancée à l’époque. Parmi les donateurs, citons l’impératrice Eugénie et surtout la famille Virnot de Lille.
L’église, sous l’Ancien-Régime, appartenait au seigneur du lieu qui nommait le curé avec l’accord de l’évêque de Tournai. L’abbaye de Cysoing y prélevait la dîme. C’est une situation très rare. Le patronage de Sainte Cécile est également une curiosité, unique dans l’ancien diocèse de Tournai.
Le clocher en briques reprend dans son allure générale ce qui se faisait dans la région à l’époque classique (XVIIe et XVIIIe siècle). Mais les percements, portes et baies, sont en arc brisé, se voulant gothiques. Une flèche de charpente surmonte la maçonnerie assez austère. Deux ailes en appentis flanquent l’entrée en avant du grand pignon des nefs qui englobe une partie romane devenue invisible.
Du côté nord se voient les vestiges de la maçonnerie de la chapelle primitive en blocs de pierre de Tournai avec des éléments réemployés incorporés. C’est le soubassement du chœur qui est le plus intéressant par l’amoncellement de vestiges antérieurs utilisés au XVIe siècle pour construire ce sanctuaire : se distinguent, outre les moellons irréguliers, des pierres en forme de trapèze qui sont des piédroits de fenêtre du début du XIIIe siècle dont certaines portent encore la trace des ferrures ayant constitué les barlotières, servant à maintenir les vitraux.
Il n’est plus possible de se rendre compte de ce qu’était l’intérieur avant sa transformation. Le volume de la nef a été totalement modifié, ayant jadis un plafond en bois avec poutres, peut-être du XIIIe siècle. Une arcade séparait cette nef du choeur, alors voûté en bois avec des poutres et des poinçons soutenant le berceau brisé.
Désormais totalement enduite et peinte, l’église donne du style gothique une assez pâle représentation.
(Extraits de la plaquette sur l’église Sainte Cécile de Wannehain, réalisée par la Communauté de Communes Pays de Pévèle)
La chapelle
Un examen des cartes du XVIIIe siècle de la chapelle de Wannehain permet la découverte d’un oratoire, déjà à l’époque. Cette chapelle familiale, dédiée à la famille Dorchies, exploitants de la Grande Ferme, est érigée avec la bienveillance de l’évêque de Cambrai, Monseigneur Belmas, au début de la Restauration, époque à laquelle on assiste à la renaissance de la pratique de la religion dans les campagnes.
Paul Hubert Dorchies était le maire de la commune depuis 1801 et il était le fermier de la Grande Ferme. Sur la grille de la chapelle se trouve un médaillon ovale sur lequel on peut lire : « Ci-devant, le 20 janvier 1817 Fut renversé de cheval et périt malheureusement Paul Hubert Dorchies. Âgé de 57 ans, maire de Wannehain, censier de la Grande Ferme. Lecteur charitable, priez Dieu pour le repos de son âme. »
La famille de Paul Hubert eut une étrange destinée : son père, Antoine Joseph, avait lui aussi, trouvé la mort en tombant de cheval le 26 décembre 1796.
Monsieur Hervé TONNEL, passionné par l’histoire du village, en collaboration avec l’AWAPPA, des habitants bénévoles et la mairie, ont mis en oeuvre le chantier de rénovation de la chapelle de Wannehain en 2018.
Le blason
Le blason de Wannehain s’inspire de celui des premiers seigneurs de cette terre, les De Wannehain. Le blason de Jean de Wannehain, écuyer, seigneur du lieu au XVème siècle, est ainsi décrit : « Ecu bandé d’argent et d’azur de six pièces, au franc canton d’hermines, penché, timbré d’un heaume cimé, supporté par deux lions. ».
Ce blason ne doit pas être confondu avec celui de Gérard ou Grard de Wannehain, écuyer, bailli de l’abbaye de Cysoing, qui est également un bandé d’argent et d’azur, mais qui comporte sept bandes au lieu de six.
On ne peut manquer de noter la similitude qui existe entre le blason des premiers seigneurs de Wannehain et celui des seigneurs de Cysoing. Dans les deux cas, il s’agit d’un bandé de six pièces, la seule différence étant que le blason de Cysoing est un bandé d’or (et non d’argent) et d’azur, le même que celui de la première maison de Bourgogne. Ce rapprochement semble confirmer les liens étroits qui devaient exister probablement à l’origine entre Wannehain et Cysoing.